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Petit Fuligule, 2006-05-01, Baie de Beauport, Daniel Houx 

Petit Fuligule  
par Daniel Houx

  (copyright© tous droits réservés)

Actualité!

2006-04-26

WASHINGTON (AP) - Les oiseaux peuvent apprendre la grammaire, selon une nouvelle étude qui semble effacer l'une des grandes barrières séparant, du moins le croyait-on jusqu'à aujourd'hui, l'homme du règne animal.

Des étourneaux ont appris à différencier une "phrase" normale de chant d'oiseaux d'une autre contenant une variation, selon les résultats d'une étude publiée jeudi dans la revue "Nature".

Il aura fallu au chercheur Tim Gentner de l'Université de la Californie un mois et 15.000 essais pour enseigner aux oiseaux les bases de la syntaxe dans leur propre langage.

Bien que modeste, cet apprentissage peut bouleverser la linguistique.

Les animaux peuvent rugir, chanter et grogner. Les linguistes soutiennent toutefois depuis de nombreuses années que la grammaire est propre à l'homme. Ils ont longtemps cru que seuls les humains pouvaient détecter la présence de formes grammaticales mais pas les animaux.

Une équipe de chercheurs a essayé d'enseigner à des tamarins à reconnaître des phrases il y a deux ans mais les singes ont échoué. Ces résultats ont semblé soutenir la théorie du linguiste Noam Chomsky selon laquelle la "grammaire récursive" est unique à l'homme.

Après entraînement, neuf des onze étourneaux de Tim Gentner sont parvenus à discerner les phrases parmi des chants d'oiseau dans 90% des cas. Seulement deux ont échoué à leurs "cours de grammaire". "Nous étions stupéfaits de les voir réussir aussi bien", raconte Tim Gentner.

Trois boutons permettaient aux oiseaux d'entendre des chants d'oiseaux générés par le chercheur. Les oiseaux devaient appuyer à nouveau avec leur bec sur le bouton s'ils entendaient une certaine séquence. Les étourneaux recevaient de la nourriture lorsqu'ils réussissaient.

Les chercheurs ont été tellement éberlués par leur découverte qu'ils n'ont même pas songé sur le coup à enregistrer ce que les oiseaux chantaient en réponse aux phrases.

"Peut-être ne faisaient-ils que répéter", se hasarde Tim Gentner.

L'expérience démontre que la limite séparant l'homme des animaux est plus floue que ce que les scientifiques croyaient, estime un spécialiste.

Responsable de l'expérience avec les tamarins, Marc Hauser, directeur du Centre de l'évolution de la connaissance de l'Université Harvard, est emballé par la découverte de son collègue. Si ces travaux ne remettent pas en question la théorie de Noam Chomsky, elles prouvent que le chercheur aurait dû enseigner la grammaire à ses singes plutôt que de se contenter de voir si les tamarins reconnaissaient d'instinct la grammaire.  

(Retour à Actualité 2006)

 

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