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Bruant à gorge blanche, 2006-04-29, Beauport, Jean Chateauvert 

Bruant à gorge blanche  
par Jean Chateauvert

  (copyright© tous droits réservés)

Actualité!

2006-06-05

Oiseau rare attaqué aux Îles

Charles Côté, La Presse

Quatre nids d'un oiseau au bord de l'extinction ont été saccagés samedi dernier aux Îles-de-la-Madeleine, où la pression humaine sur la nature s'accentue chaque année avec le flot de vacanciers.

Il ne reste qu'une quarantaine de couples de pluviers siffleurs dans tout le Québec et ils sont tous aux Îles-de-la-Madeleine.

Chaque printemps depuis 10 ans, Pascal Poirier part à la recherche de leurs nids afin de les protéger des prédateurs et des humains.

Autour de chacun d'eux, il installe des poteaux et une cage grillagée. Chaque installation coûte environ 500 $.

Samedi soir dernier, dans un geste apparemment délibéré, un conducteur de VTT a défoncé quatre de ces enclos protecteurs.

«Deux nids ont été détruits, dit M. Poirier. Et sept oeufs sur huit.»

C'est un dur coup pour Attention Frag'Îles, un organisme qui tente de maintenir aux Îles une population viable de pluviers siffleurs. L'espèce est en voie d'extinction au Canada et aux États-Unis. Il n'en reste pas plus que 5000 dans le monde.

Avant, on en trouvait sur la Côte-Nord et en Gaspésie, mais plus aujourd'hui.

Le pluvier est victime de l'amour des humains pour les plages, où il pond ses oeufs directement sur le sable.

«Depuis que les plages sont populaires, les gens y font de plus en plus d'activités», dit M. Poirier.

Le principal obstacle au rétablissement du pluvier siffleur est la perte d'habitat, causée principalement par l'utilisation des plages par les humains, selon Environnement Canada.

«La prédation par les chiens, les chats, ainsi que les goélands et les mouettes, attirés par les ordures laissées sur les plages par les humains, menace les oeufs et les oisillons.»

Le Service canadien de la Faune a dépêché un enquêteur aux Îles mercredi. L'incident s'est produit sur la plage de l'Hôpital, près du village de Fatima, dans l'île du Cap-aux-Meules.

Lourdes peines

Le fautif s'expose à de lourdes peines. «La peine maximale pour un individu est de 50 000 $ ou un an d'emprisonnement par procédure sommaire, dit Sheldon Jordan, d'Environnement Canada, directeur pour le Québec de l'application des lois fédérales sur la faune. Par mise en accusation, c'est 250 000 $ ou cinq ans d'emprisonnement.»

Jacques Poirier est président du Club de VTT des Îles. Il est aussi le père de Pascal. Selon lui, la vérité sera difficile à cacher. «Normalement, on va finir par savoir de qui il s'agit, d'ici quelques jours, dit-il. Le milieu est trop petit.»

Jacques Poirier déplore l'incident. «Ce n'est pas quelque chose qui aide l'image du VTT, dit-il. C'est un individu qui a foncé dans les périmètres. C'est regrettable.»

Il souligne qu'un chemin balisé passait à 15 mètres des nids et que, de toute façon, un règlement municipal interdit de circuler sur les plages en VTT à cette période de l'année. Mais il ne croit pas pour autant que les autorités vont devenir plus vigilantes à l'égard des VTT.

«Il n'y a pas de surveillance, le monde fait un peu ce qu'il veut, dit-il. Mais surveiller serait difficile. Il faut essayer de sensibiliser les gens.»

Pascal Poirier, lui, croit qu'un tel incident, sans précédent, est de nature à forcer une plus grande surveillance des VTT.

«Dans la zone où les nids ont été détruits, il y a des chars à voile, des VTT, de la pêche aux coques, dit-il. Tout le monde essaie de faire des compromis. Mais quand il y a des choses comme ça, je pense que ça pourrait malheureusement justifier des mesures plus sévères.»

L'intervention année après année de quelques bénévoles avec l'appui du Service canadien de la Faune a permis à peine de maintenir la population de pluviers.

De 35 couples en 1989, la population a augmenté à 53 vers 1995.

Mais par la suite, elle a chuté de nouveau à 35 avant de remonter à 41 en 2005.

«Probablement qu'il n'y en aurait plus aujourd'hui si on n'avait rien fait», dit Pascal Poirer.

«Cette année, 19 nids avaient été trouvés, dit-il. Maintenant, deux sont détruits, mais la recherche se poursuit chaque année jusqu'en juillet.»

Le pluvier pond ses oeufs sur le sable et les couve pendant 28 jours.

Les poussins peuvent voler 25 jours après l'éclosion des oeufs. Les abris installés par Attention Frag'Îles sont censés les protéger jusqu'à leur envol.

«Que quelqu'un saute sur les abris avec un VTT, c'est pas mal dégueulasse, c'est pas fort, dit Sheldon Jordan. On investit beaucoup depuis des années pour le pluvier siffleur. Il est protégé par la Loi sur les espèces en péril et c'est aussi un oiseau migrateur. C'est pour ça qu'on donne une double importance à cette affaire.»

(Retour à Actualité 2006)

 

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