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Grive de Bicknell
Grive de Bicknell
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Environnement Canada

Actualité!

2006-12-01
La grive de Bicknell est en danger
Cyberpresse.ca, sciences

Le développement humain et ses dommages collatéraux (pollution, réchauffement climatique...) menace une nouvelle espèce animale: la grive de Bicknell, lointaine cousine du merle d'Amérique.

Ce petit oiseau rare aux ailes et au dos brun, à la queue châtain et à la gorge mouchetée vit l'été dans les forêts de sapins perchées sur les hauteurs des montagnes américaines et l'hiver sur l'île d'Hispaniola, qui comprend Haïti et la République dominicaine. 

«Nous estimons que sa population totale se situe entre 20 000 et 40 000 oiseaux», explique Chris Rimmer, de l'Institut des sciences naturelles du Vermont (nord-est des États-Unis), qui étudie depuis 1992 la grive de Bicknell.

Or, le recensement annuel effectué par des volontaires montre depuis cinq années un déclin d'environ 7 pour cent par an de cette population. La faute au développement humain, qui menace son habitat. 

La grive de Bicknell ne se reproduit en effet que dans les forêts situées au-dessus de 840 mètres d'altitude dans les montagnes des États américains du New Hampshire, du Maine, de New York et du Vermont, ainsi que dans l'est du Canada, en Nouvelle-Écosse. 

Autant de lieux menacés par le développement des stations de ski, des antennes-relais de communication, des projets éoliens, ainsi que par les pluies acides, l'augmentation des niveaux de mercure et le réchauffement climatique. 

«La raison pour laquelle nous avons commencé à étudier cet oiseau, c'est non seulement parce qu'il est très rare, mais également parce qu'il a besoin d'un habitat très spécifique» qui est aujourd'hui «confronté à toute une variété de menaces», souligne Chris Rimmer. 

«Chaque spécimen que nous avons testé a du mercure dans le corps, même si on ne sait pas encore si ce niveau est suffisamment élevé pour les affecter de manière négative», affirme Chris Rimmer. 

De nombreuses espèces d'oiseaux aquatiques souffrent de problèmes neurologiques et de reproduction liés à des niveaux de mercure trop élevés dus à une consommation de poisson. Aujourd'hui, il semble que le mercure remonte la chaîne alimentaire, passant du sol aux insectes et jusqu'aux oiseaux, même ceux vivant dans les montagnes, selon Chris Rimmer. 

Tout comme les pluies acides, la pollution au mercure dans le nord-est des États-Unis provient des centrales au charbon du Midwest. De toutes les menaces pesant sur l'habitat de la grive de Bicknell, le réchauffement climatique apparaît comme le plus inquiétant. «Si la tendance actuelle se poursuit, nous assisterons à un changement dramatique au cours des cinquante prochaines années et à la disparition des forêts de sapins baumiers dont ces oiseaux ont besoin», prévient Chris Rimmer. 

La zone d'hivernage de la grive de Bicknell, considérée jusqu'en 1995 comme une sous-espèce de la grive à joues grises, est également menacée. Face à cette situation, l'Autorité de développement olympique régional de Lake Placid (État de New York) a lancé cet été un projet destiné à récolter des fonds à destination de l'île d'Hispaniola. 

Autre initiative, celle du gouverneur de l'État de New York, George Pataki, qui a déclaré zones protégées toutes les montagnes culminant à plus de 840 mètres d'altitude dans la chaîne des Adirondacks. 

L'enjeu est de préserver une espèce sur laquelle «chaque année on apprend tellement de choses qu'on ne connaissait pas avant» du fait de sa catégorisation récente, selon Brendan Collins, professeur dans le Vermont et spécialiste de la grive de Bicknell. 

On sait ainsi que les mâles sont deux fois plus nombreux que les femelles, et que mâles et femelles ont plusieurs partenaires sexuels. Chaque nid contient des petits nés de mâles différents qui nourrissent tous les oisillons.

(Retour à Actualité 2006)

 

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