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Actualité!
2006-12-07
Les oiseaux migrateurs prolongent leur séjour en
Europe
Hugo di Zazzo, Agence
France-Presse, Bordeaux,
France
Conséquence
d'un automne d'une rare douceur en Europe, de nombreux oiseaux
migrateurs, comme les hirondelles ou les oies cendrées, n'ont
toujours pas pris leur envol vers l'Afrique, selon les
observateurs d'Aquitaine, importante voie migratoire du
sud-ouest de la France.
«Cette année, des oiseaux sont restés, plus que les autres
années», selon Jérôme Beyaert, ornithologue à la réserve
du Teich, dans la région de Bordeaux.
En effet, en raison du redoux, il y a des possibilités
alimentaires, explique-t-il tout en refusant de voir un
bouleversement dans cette modification du rythme de migration.
«Si
une vague de froid s'installe, les oiseaux se déplaceront selon
les fenêtres météo», ajoute-t-il, écartant l'idée de voir
les oiseaux piégés par une brusque chute du mercure.
Ornithologues, chasseurs, gardes-chasse, tous s'accordent à
constater cet automne une modification de comportement chez les
migrateurs.
Des hirondelles, par exemple, sont encore présentes un peu
partout en France, alors qu'elles migrent normalement avant la
Toussaint, selon Philippe Dubois, responsable de l'observation
des changements climatiques à la Ligue de protection des
oiseaux (LPO) basée à Rochefort.
Chez certaines espèces, comme les grues cendrées, qui
habituellement à cette période quittent l'Allemagne ou le
nord-est de la France pour rejoindre les Landes de Gascogne et
l'Espagne, seule une minorité (d'individus) est en retard,
selon M. Beyaert.
Quittant les zones fraîches du nord de l'Europe, qu'ils
rallient au printemps pour nicher, les migrateurs parcourent à
l'automne des milliers de km pour aller hiverner sous des
latitudes plus hospitalières, comme le martinet, qui couvre
7000 km pour passer l'hiver au chaud en Afrique équatoriale.
Henri Sabarot, responsable d'une fédération de chasseurs du
sud-ouest de la France, évoque une année médiocre pour les
palombes, les grives, les bécasses et quasi catastrophique pour
les gibiers d'eau.
«On a un mois et demi de retard», assure-t-il, comptant sur la
nouvelle lune, le 20 décembre, pour voir arriver une vague de
froid sur l'Europe du Nord qui provoquerait enfin une migration
massive.
Selon M. Dubois, les conséquences du froid seraient limitées:
les oies cendrées peuvent descendre (à la dernière minute) même
si les hirondelles sont moins capables de réagir.
«En tout état de cause, s'il y a des risques, ils concernent
quelques individus, pas l'espèce», rassure-t-il.
Quant à l'ornithologue du Teich, il se veut lui résolument
positif: «Si les oiseaux restent (dans le nord de l'Europe),
c'est qu'il y a de la nourriture». Dans ces conditions, les
migrateurs, surtout ceux qui restent sur le continent européen,
accumulent des réserves de graisse supplémentaire et c'est bénéfique
pour eux.
D'autant que si pour aller hiverner, au lieu de 5000 km, les
oiseaux n'en parcourent plus que 2000, c'est autant d'énergie
économisée qu'ils pourront consacrer à leur reproduction,
affirme le directeur de la LPO, Michel Métais.
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