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Actualité!
Gabon - Août 2008.
Découverte
d'un nouveau Rougegorge du genre Stiphrornis
Des
scientifiques de
la Smithsonian Institution
ont découvert une nouvelle espèce d'oiseau au Gabon. Leurs
conclusions ont été publiées dans le journal scientifique
Zootaxa le 15 août 2008.
Le
Rougegorge à dos olive (Stiphrornis pyrrholaemus) a été
nommé ainsi du fait de la teinte distincte de son dos et de son
croupion. Les adultes mesurent
11,5 cm
de long et pèsent en moyenne
18 grammes
.
Les mâles ont une gorge et une poitrine orange vif, un ventre
jaune, un dos olive et des plumes noires sur la tête. Les
femelles sont similaires, mais sont moins colorées. Les deux
sexes arborent un point blanc typique devant chaque œil.
Un oiseau avait été en fait observé pour la première fois en
2001 par les scientifiques de
la Smithsonian Institution
lors d'une expédition dans le sud-ouest du Gabon dans le cadre
du Monitoring and Assessment of Biodiversity (MAB) Program
organisé par plusieurs zoos: mais on pensait alors qu'il
s'agissait d'un individu immature d'une espèce déjà connue.
Brian
Schmidt, ornithologue du Smithsonian's National Museum of
Natural History et membre de l'équipe du programme de MAB, est
revenu en 2003 du Gabon à Washington avec plusieurs spécimens
pour les ajouter dans la collection du musée. Quand il les a
comparés avec les autres rougegorges du genre Stiphrornis,
il a tout de suite remarqué des différences de couleur et de
plumage, et il s'est ainsi rendu compte que les oiseaux récemment
recueillis pourraient être uniques.
Schmidt
explique: "J'avais soupçonné quelque chose quand j'ai découvert
le premier oiseau au Gabon car il ne correspondait pas
exactement avec les descriptions des espèces proches dans les
guides. Quand j'ai pu les comparer aux autres spécimens de nos
collections, il était clair que ces oiseaux étaient différents.
Il faut, bien sûr, être prudent, mais j'étais très excité
par la perspective d'avoir probablement trouvé une nouvelle espèce
d'oiseau".
Pour s'assurer que les spécimens que Schmidt avait recueillis
appartenaient à une nouvelle espèce, les généticiens du
Smithsonian's National Zoo ont comparé l'ADN des nouveaux spécimens
à celui des quatre espèces de rougegorges connus. Les résultats
ont montré clairement que ces oiseaux appartenaient à une espèce
séparée et distincte.
Découvrir
un mammifère ou un oiseau inconnus est un événement
exceptionnel; avant que le vingtième siècle, le taux de découverte
était élevé, plusieurs centaines de nouvelles espèces étaient
alors décrites à chaque décennie. Depuis, le rythme a ralenti
et de nouveaux vertébrés ne sont plus trouvés que dans des régions
isolées.
Maintenant
qu'il est officiellement reconnu, le Rougegorge à dos olive
porte le nombre d'espèces d'oiseaux du Gabon à 753. Mais il
reste encore beaucoup de choses à découvrir sur le nouveau
rougegorge. On
sait toutefois que tous les oiseaux ont été vus et entendus
dans le sous-bois épais des forêts. Les autres éléments de
sa biologie, comme son régime alimentaire, son comportement
nuptial, sa nidification ou sa répartition nécessitent
d'autres recherches.
Pour
Alfonso Alonso, qui dirige le Programme de Diversité biologique
dans Gabon, "cette découverte est très excitante. La
possibilité d'étudier des secteurs méconnus au Gabon
permettent de mieux connaître les organismes qui y vivent et de
prendre des mesures de protection. La découverte du Rougegorge
à dos olive souligne l'importance de nos recherches. Ceci démontre
l'importance de la conservation du secteur".
Le
programme MAB fait partie du Center for Conservation Education
and Sustainability du Smithsonian's National Zoo. Il est mené
dans le Complexe de Zones Protégées de Gamba, une région côtière
au sud-ouest du Gabon comprenant les parcs nationaux de Loango
et de Moukalaba-Doudou, qui ne sont séparés que par un mince
couloir industriel.
Les scientifiques du programme évaluent la biodiversité de la
région en menant des recherches appliquées sur l'impact des méthodes
de gestion et proposant des programmes afin de mener une stratégie
de conservation régionale. Le programme est réalisé en coopération
avec le gouvernement gabonais et Shell Gabon pour intégrer la
conservation de la diversité biologique dans les activités pétrolières.
Ce partenariat a permis de réaliser la première étude
approfondie sur la diversité biologique de la forêt tropicale
dans ce secteur d'Afrique Centrale.
Pour
Schmidt, "Bien que de découvrir une espèce inconnue comme
le Rougegorge à dos olive n'était pas l'objectif du projet
MAB, c'est sans aucun doute un moyen de nous rappeler que la
nature nous réserve encore bien des surprises".
Source:
Ornithomedia.com
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