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Actualité!
22 août 2008
Seth Borenstein, Associated Press, Washington
Le déclin des manchots confirme que les océans
sont en danger
Pour démontrer les dangers qui menacent les
océans du globe, les scientifiques disposent désormais d'un
nouvel indicateur: l'évolution des populations de manchots.
L'espèce souffre en effet de plus en plus du réchauffement
climatique, de la pollution maritime ou encore du développement
du tourisme.
Selon P. Dee Boersma, biologiste de
l'université de Washington, le déclin des populations de
manchots est en effet le signe que les conséquences des activités
humaines commencent à atteindre les régions même les plus
reculées de la planète.
«On en voit maintenant les effets dans les endroits les plus
lointains du monde», explique-t-elle dans un article publié
dans l'édition de juillet de la revue Bioscience. «On
pensait que beaucoup de manchots seraient protégés car ils
sont éloignés des populations humaines. Mais ce n'est pas vrai».
Selon les scientifiques, il existe aujourd'hui entre 16 et 19
espèces de manchots, sur lesquelles seules une poignée, comme
le manchot royal vivant sur les îles du nord de l'Antarctique,
sont en expansion, précise Mme Boersma.
Selon l'Union internationale pour la préservation de la nature,
trois espèces sont aujourd'hui en danger, sept sont considérées
comme vulnérables et «risquent l'extinction à l'état sauvage»,
et deux autres sont «proches d'être menacées».
Il y a une quinzaine d'années, seules cinq à sept espèces étaient
classées comme vulnérables, indiquent les experts. Et le
Service fédéral américain de la pêche et de la faune (FWS),
qui a déjà placé une espèce de manchots sur sa liste
d'animaux en danger, envisage d'en ajouter une dizaine.
La plus large colonie de manchots de Magallanes vit en
Patagonie, à Punta Tombo (Argentine). Mais le nombre de couples
– le manchot vit en couple – y est passé d'environ 400 000
à la fin des années 60 à environ 200 000 en octobre 2006,
selon l'étude de P. Dee Boersma. Autre chiffre alarmant: sur un
siècle, la population de manchots africains est passé de 1,5
million à 63 000.
Ce déclin général est le résultat de plusieurs facteurs, la
plupart liés à l'activité humaine.
Pour les manchots d'Adélie – l'espèce la plus nombreuse et
la plus connue – qui aiment la glace et le froid, le réchauffement
climatique dans la péninsule occidentale de l'Antarctique est
un problème, en ce qu'il rend notamment plus difficile la
recherche de nourriture, selon Phil Trathan, spécialiste des
manchots aux services britanniques d'étude de l'Antarctique.
Les manchots de l'archipel des Galapagos, au large des côtes équatoriennes,
souffrent du phénomène climatique El Nino, qui réchauffe les
eaux de l'océan Pacifique et les oblige à se déplacer plus
loin pour trouver de la nourriture et à parfois abandonner
leurs petits. À la fin de l'année 1998, où El Nino a été le
plus puissant, les femelles ne pesaient ainsi que 80% de leur
poids moyen.
Des pollutions aux hydrocarbures touchent également régulièrement
les côtes d'Uruguay, d'Argentine et du Brésil, contribuant
ainsi au déclin des manchots de Punta Tombo, selon P. Dee
Boersma.
Les causes peuvent être différentes selon les endroits, mais
le déclin général des populations «vous envoie un message
clair», résume Phil Trathan. Et pour Susie Ellis, spécialiste
des manchots, «ce qui arrive aux manchots pourrait arriver à
beaucoup d'autres espèces, et peut-être aux humains, dans
quelques années».
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