Une
équipe
du
Centre
d’études
nordiques,
qui
étudie
les
déplacements
d’un
petit
groupe
de
harfangs
des
neiges
depuis
maintenant
16 mois,
est en
voie de
réécrire
une
partie
de la
biologie
de cette
espèce.
En
effet,
les
pérégrinations
saisonnières
de ce
rapace
remettent
en
question
certaines
idées
reçues
au sujet
des
habitats
qu’il
fréquente
pendant
l’hiver,
de sa
nidification
et de
ses
incursions
périodiques
dans le
sud du
pays.
C’est ce
qu’ont
laissé
entendre
les
chercheurs
Jean-François
Therrien,
Gilles
Gauthier
et Joël
Bêty,
dans une
communication
présentée
lors de
la
conférence
Arctic
Change,
qui se
déroule
cette
semaine
à
Québec,
en
tombée
de
rideau
de
l’Année
polaire
internationale.
Lors de
l’été
2007,
les
chercheurs
ont
capturé
douze
femelles
alors
qu’elles
nichaient
sur
l’île
Bylot et
ils les
ont
munies
d’un
harnais
doté
d'un
émetteur
permettant
un suivi
satellitaire
de leurs
déplacements.
Neuf de
ces
harnais
ont
fonctionné
pendant
plus
d’un an
et huit
livrent
toujours
des
données
via
Internet
aux
ordinateurs
des
chercheurs.
Première
surprise:
les
harfangs
sont des
oiseaux
marins
pendant
une
partie
de
l’année.
«Six des
sept
oiseaux
qui sont
demeurés
dans le
Nord
tout
l’hiver
ont
passé
entre un
et trois
mois au
large
des
côtes,
précise
Gilles
Gauthier.
Nous
croyons
qu’ils
se
rendent
aux
polynies
(des
étendues
d’eau
libres
de glace
dans les
mers
nordiques)
pour y
chasser
des
oiseaux
comme
les
eiders.»
Deuxième
surprise:
l’extrême
variabilité
des
migrations
automnales.
Alors
que la
plupart
des
harfangs
ont
migré
quelques
centaines
de
kilomètres
vers le
sud,
deux
autres
ont
migré
vers le
nord, un
autre
vers la
pointe
est de
Terre-Neuve
et un
aventurier
a même
choisi
le
Dakota
du Nord
comme
destination
soleil.
En
moyenne,
1727
kilomètres
séparent
le lieu
de
nidification
et lieu
d’hivernage
de
chaque
oiseau,
mais
cette
distance
varie de
410 à
3245
kilomètres.
«Des
données
obtenues
au cours
des
derniers
jours
nous
indiquent
que
plusieurs
oiseaux
sont
retournés
au même
site
d’hivernage
que l’an
dernier,
signale
Gilles
Gauthier.
Ainsi,
notre
grand
vagabond
est
retourné
au
Dakota
du
Nord.»
Par
ailleurs,
contrairement
à la
plupart
des
espèces,
les
femelles
harfangs
ne
retournent
pas au
même
site de
nidification
d’une
année à
l’autre.
En
moyenne,
733
kilomètres
séparent
leur nid
de 2007
et celui
de 2008.
«C’est
la plus
grande
différence
jamais
rapportée
parmi
toutes
les
espèces
d’oiseaux.
En
général,
on parle
d’au
plus de
10
kilomètres
d’écart»,
souligne
le
professeur.
Du coup,
les
chercheurs
ont
prouvé
que le
harfang
pouvait
nicher
avec
succès
lors de
deux
années
consécutives,
ce qui
constitue
une
autre
surprise.
Les
femelles
choisiraient
leur
site de
nidification
en
fonction
de
l’abondance
locale
des
lemmings,
leur
principale
proie.
Invasion
hivernale
L’été
2008 a
été
faste
côté
lemmings
dans
l’est de
l’Arctique
alors
que les
chercheurs
ont
observé
un pic
dans le
cycle
d’abondance
de ces
petits
rongeurs.
«Lorsqu’il
y a
beaucoup
de
lemmings,
il y a
plus de
jeunes
harfangs
qui
survivent
et qui
prennent
leur
envol»,
observe
Gilles
Gauthier,
qui
rappelle
que lui
et son
équipe
avaient
prédit
une
invasion
de
harfangs
dans le
sud du
pays cet
hiver.
Contrairement
à ce
qu’on
croyait,
ce n’est
donc pas
lorsque
la
nourriture
est rare
dans
l’Arctique
que les
harfangs
poussent
une
pointe
vers le
sud.
«Les
adultes
ont
tendance
à
demeurer
dans le
Nord
pendant
l’hiver,
en dépit
des
conditions
difficiles,
et ils
nichent
dès le
mois de
mai. Les
jeunes,
eux, ne
se
reproduisent
pas
avant
l’âge de
deux
ans,
alors
ils
migrent
vers le
sud pour
profiter
de
conditions
hivernales
plus
clémentes.»
Les
observations
ornithologiques
des
dernières
semaines
tendent
à donner
raison
aux
chercheurs
puisque
ce sont
surtout
des
jeunes
de
l’année
qui sont
signalés
par les
ornithologues
amateurs.
Depuis
quelques
jours,
de
nombreux
harfangs
ont été
vus dans
le sud
du
Québec
et de
l’Ontario.
Au point
où la
présence
de cette
espèce,
qui
apprécie
les
grands
espaces
ouverts,
peut
parfois
devenir
problématique.
«Il y
aurait
au moins
six
harfangs
à
proximité
des
pistes
de
l’aéroport
international
Trudeau
à
Montréal,
souligne
Gilles
Gauthier.
Un
employé
de
l’aéroport
nous a
d’ailleurs
contactés
pour
savoir
comment
les
éloigner
des
pistes
afin
d’éviter
les
collisions
avec les
avions.»
Par :
Jean
Hamann