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Actualité!
17 décembre 2008
(Source: ScienceOrnithologie, Radio-Canada)
Le harfang, cet inconnu
Plusieurs harfangs ont été observés dans
le sud du Québec et de l'Ontario depuis quelques semaines. Même
au coeur de Montréal, il est possible d'observer l'oiseau
emblème du Québec: les contrôleurs de l'aéroport international
Trudeau en ont observé une demi-douzaine près des pistes.
Ce rapace nordique est présentement
l'objet d'une étude du Centre d'études nordiques.
Les chercheurs Jean-François Therrien,
Gilles Gauthier et Joël Bêty ont capturé douze femelles pendant
qu'elles nichaient sur l'île Bylot, au nord-est de l'île de
Baffin, durant l'été 2007.
Ils les ont munies de colliers satellites,
et les suivent depuis plus de 16 mois maintenant.
Après quelques mois, à l'automne 2007,
trois sont restées sur place après avoir parcouru des distances
de 100, 1000 et 1100 km respectivement. L'équipe a pu retrouver
la carcasse d'un des oiseaux, mais ne sait pas si les autres
sont morts ou si les émetteurs ont cessé de fonctionner.
Marins comme un harfang
L'analyse des premiers mois d'observation
permet de constater que les harfangs sont des oiseaux marins
pendant une partie de l'année.
Six des sept oiseaux qui sont demeurés
dans le Nord tout l'hiver ont passé entre un et trois mois au
large des côtes.
— Gilles Gauthier
Les chercheurs pensent que les oiseaux se
rendent sur des étendues d'eau libres de glace dans les mers
nordiques pour y chasser des oiseaux comme les eiders.
Migrations variables
Les observations permettent de constater
la grande variabilité des migrations automnales. La majorité des
oiseaux ont migré seulement quelques centaines de kilomètres
vers le sud. Deux ont cependant migré vers le nord, un autre
vers l'est (Terre-Neuve), et un spécimen a même migré au Dakota
du Nord.
En moyenne, les oiseaux ont parcouru 1727
kilomètres entre le lieu de leur nidification et leur lieu
d'hivernage. Cette distance varie cependant de 410 à 3245
kilomètres. Il semble également que les oiseaux aiment retourner
au même site d'hivernage.
Sur la nidification
Les chercheurs ont aussi découvert que,
contrairement à la plupart des autres espèces, les femelles
harfangs ne retournent pas au même site de nidification d'une
année à l'autre.
Ainsi, 733 kilomètres en moyenne séparent
leur nid de 2007 et celui de 2008.
Selon Gilles Gauthier, c'est la plus
grande différence jamais rapportée parmi toutes les espèces
d'oiseaux.
De plus, l'équipe a montré que le harfang
pouvait nicher au même endroit deux années consécutives. Les
femelles choisiraient leur site de nidification en fonction de
l'abondance locale des lemmings, leur principale proie.
Actuellement, les chercheurs ne possèdent
pas d'information solide sur la taille des populations de
harfangs au Québec ou au Canada en raison de leurs mouvements
erratiques et des invasions périodiques de certains secteurs par
l'espèce.
Les indications disponibles ne laissent
toutefois aucune raison de croire que l'espèce est en déclin.
L'espèce n'a pas vraiment d'ennemis
naturels. Les jeunes et les oeufs sont assez peu vulnérables à
la prédation car ils sont défendus farouchement par les adultes.
L'homme est certainement le pire ennemi du harfang.
Saviez-vous que?
En 1987, l'Assemblée nationale lui conférait le titre d'emblème
aviaire du Québec. Le harfang symbolise la blancheur des hivers
québécois, l'enracinement dans un climat semi-nordique et
l'extension sur un très vaste territoire. (Gouvernement du
Québec)
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