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Actualité!
2009-09-28
Des éoliennes arrêtées peuvent sauver des chauves-souris
Ne pas faire fonctionner les éoliennes en cas de
vent faible permet de réduire de 60% la mortalité des
chauves-souris, sans pour autant avoir une grande incidence sur
la production d'énergie, a expliqué vendredi à l'AFP un
chercheur de l'université canadienne de Calgary.
Le professeur Robert Barclay, biologiste à l'université de
Calgary, et une équipe de scientifiques avaient averti l'an
dernier, qu'une hécatombe causée par la multiplication
d'éoliennes pourrait, à terme, menacer les chauves-souris
d'extinction, ce qui aurait un impact notable sur l'écosystème
car ces animaux se nourrissent d'insectes nuisibles aux
récoltes. «Depuis plusieurs années, à travers l'Amérique du
Nord, et ailleurs, nous avions constaté qu'un grand nombre de
chauves-souris mouraient à proximité des champs d'éoliennes», a
dit à l'AFP le professeur Robert Barclay.
La cause principale de ces décès est le brusque changement de
pression engendré par la rotation des pales, avait conclu en
2008 l'équipe canadienne.
«Nous avons donc essayé de trouver un moyen d'y remédier», a
ajouté M. Barclay, dont les conclusions sont publiées dans
l'édition de septembre de la revue scientifique américaine «The
journal of wildlife management».
En coopération avec TransAlta, entreprise spécialisée dans cette
énergie renouvelable, les scientifiques ont étudié le
comportement des petits animaux dans un champ de 39 éoliennes
situé à environ 200 km au sud de Calgary.
Leur période d'étude s'est étalée du 15 juillet au 30 septembre
en 2006 et 2007, c'est-à-dire pendant la période de migration de
ces mammifères vers le sud.
Ils ont constaté que lorsque la vitesse du vent est faible, les
chauves-souris manifestent une activité accrue, mais sont
également plus susceptibles de mourir autour des éoliennes.
«C'est logique: ce sont des animaux assez petits qui ne volent
pas bien lorsqu'il y a beaucoup de vent», a dit le professeur
Barclay. Or, les éoliennes produisent «la plus grande part de
leur énergie lorsque le vent est fort, c'est-à-dire lorsque les
chauves-souris ne volent pas», a remarqué le biologiste.
En conséquence, les chercheurs ont porté la vitesse de vent
déclenchant le démarrage des pales de 4 m/s (14,4 km/h) à 5,5
m/s (19,8 km/h). «Nous avons comparé ces turbines expérimentales
à celles fonctionnant normalement: la mortalité avait chuté de
60%», a expliqué M. Barclay.
Ces résultats sont d'autant plus encourageants que la nouvelle
vitesse de référence n'engendre «qu'une chute relativement
modeste de la production d'énergie», affirme-t-il.
Dans neuf cas sur dix, les chauves-souris retrouvées mortes près
d'éoliennes montraient des signes d'hémorragie interne provoquée
par un traumatisme résultant apparemment d'une chute soudaine de
la pression de l'air, avaient conclu dans leur étude précédente
les chercheurs de Calgary.
Bien qu'ils soient pourvus d'une sorte de radar leur permettant
de détecter les objets alentours, tels les pales, ces animaux ne
peuvent pas anticiper les variations de pression.
Chez les chauves-souris, comme chez les autres mammifères, les
poumons sont comme des ballons souples dotés de parois fines
reliées à des capillaires.
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