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Du 5 au 27 août 2008, des algues rouges étaient apparues en masse dans l'estuaire, teintant l'eau d'un rouge sang.
Pêches et Océans Canada

 

 

Actualité!

2009-10-13
Jean-François Cliche, Le Soleil

Une nouvelle marée rouge improbable


La grande «marée rouge» qui a tué des centaines de mammifères marins et des milliers d'oiseaux dans l'estuaire du Saint-Laurent, à l'été 2008, a été causée par une improbable combinaison de facteurs qui ne devrait pas se répéter de sitôt, croit Stéphane Lair, professeur de médecine vétérinaire à l'Université de Montréal.

Du 5 au 27 août 2008, on s'en souvient, des algues rouges étaient apparues en masse dans l'estuaire, teintant l'eau d'un rouge sang. Le microorganisme responsable, Alexandrium tamarense de son nom scientifique, est connu pour produire une toxine qui, en dose suffisante, peut paralyser complètement un animal, jusqu'à l'empêcher de respirer.

Selon M. Lair, A. tamarense est un habitant fréquent du Saint-Laurent, et il fait même des floraisons (blooms) assez massives tous les deux ans environ.

Mais il y a un peu plus d'un an, rapporte M. Lair, les mauvaises planètes se sont alignées au mauvais moment. En effet, des pluies diluviennes se sont abattues sur le Québec juste avant la marée rouge - A. tamarense vit en eau salée, mais pour des raisons qui ne sont pas encore bien établies, probablement la présence de substances humiques, il semble que ses spores éclosent en présence d'eau douce.

De plus, poursuit M. Lair, ces algues ont alors formé d'immenses colonies très en amont des lieux où on les trouve habituellement, soit à Tadoussac plutôt qu'entre Baie-Comeau et Sept-Îles. La marée rouge a ainsi pu descendre le courant et faire des dommages sur une plus grande distance qu'à l'accoutumée avant de se perdre dans le golfe du Saint-Laurent. Notons que les masses d'eau douce ne se mélangent pas rapidement avec l'eau salée à cause d'une différence de densité, ce qui empirait le problème.

Enfin, il s'est adonné que dans les deux semaines qui ont suivi l'éclosion d'algues rouges, l'estuaire a été beaucoup moins venteux que d'habitude, ce qui a permis à la colonie de rester assez concentrée. Des vents de plus de 29 km/h, ce qui n'est pas énorme, ont pour effet de disloquer rapidement les groupes d'algues de ce genre, mais il a fallu attendre environ deux semaines après l'apparition de la marée rouge avant que de telles conditions ne surviennent.

Très rares

Pour M. Lair, il y a donc lieu d'espérer que des épisodes de ce genre et de cette envergure demeurent très rares.

Il rappelle cependant que les toxines sécrétées par A. tamarense ont aussi des effets non létaux qui n'ont pas été mesurés. Par exemple, dit-il, «il a été suggéré qu'une baleine un peu intoxiquée aurait plus de chances de se faire frapper par un bateau. Il a aussi été montré que les baleines passent plus de temps à la surface et nagent plus lentement quand il y a des marées rouges». Seul un décompte des carcasses échouées a été effectué.

(Retour à Actualité 2009)

 

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