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Actualité!
2010-01-30
La voie de l'Est
Une étude sur les dindons
Plusieurs personnes se sont étonnées, dernièrement, de voir des
dindons sauvages dans la région. Depuis quelques années, ce
n'est plus un phénomène en soi, puisque l'espèce a commencé à
migrer des États-Unis dans le milieu des années 80. Mais ce qui
en surprend plus d'un, c'est d'en voir autant, alors qu'ils
étaient plutôt rares auparavant. S'il est vrai que la population
de ces étranges bêtes a crû de façon constante durant les deux
dernières décennies, il est toutefois faux d'affirmer, comme
certains l'ont fait, qu'on assiste à une «épidémie» de dindons
sauvages depuis quelque temps.
«On ne parle vraiment pas d'épidémie, le terme est beaucoup trop
fort», affirme Pierre Blanchette, biologiste au ministère des
Ressources naturelles et de la Faune.
Ce dernier a visité le territoire de Cowansville, Dunham et
Frelighsburg, la semaine dernière, pour entreprendre une étude
sur ce nouveau gibier. «Le but de ce projet est de préciser
certains paramètres pour mieux gérer l'évolution de l'espèce:
son adaptation à l'hiver, le taux de mortalité naturelle et les
causes, le nombre d'oeufs pondus, le taux de survie des
poussins, etc.», indique le chercheur.
Pour ce faire, ils ont capturé une vingtaine de dindons femelles
et quelques mâles, les ont mesurés, pesés, bagués et leur ont
installé un émetteur radio.
Ce projet est réalisé par le ministère des Ressources naturelles
et de la Faune en partenariat avec l'université Laval et la
Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec.
En croissance
S'il ne sait dire s'il y a beaucoup plus de dindons sauvages
depuis deux ans, Pierre Blanchette concède néanmoins que leur
population est en croissance. «Mais de là à dire que d'une année
à l'autre, on peut voir une grosse différence, j'en doute»,
dit-il.
«Le dindon est une espèce polygamme et chaque femelle peut
pondre de 10 à 12 oeufs par printemps. Mais les poussins n'ont
pas un haut taux de survie; à l'automne, il n'en reste
probablement que trois ou quatre», explique le biologiste.
Monique Berlinguette, présidente du Club des observateurs
d'oiseaux de la Haute-Yamaska, abonde dans le même sens.
«Personnellement, je n'ai pas vu de dindons sauvages en plus
grand nombre que par les hivers passés», dit-elle.
Elle ajoute que, chaque année, les clubs d'ornithologie
régionaux font le recensement des oiseaux à Noël. «Ils couvrent
chacun un territoire de 25 km de diamètre, le même année après
année. Ça permet de faire des comparaisons sur l'évolution des
populations.»
Celui de la Haute-Yamaska a dénombré, en décembre 2009, 71
dindons sauvages sur son territoire, alors qu'il en avait compté
62 en 2007. «La croissance n'est pas spectaculaire», fait
remarquer Mme Berlinguette.
Par contre, c'est autre chose dans Brome-Missisquoi. En 2003, le
Club des ornithologues de cette région a recensé 29 dindons
sauvages. Ce nombre augmente d'année en année; il est passé à
39, 58, 61, 72 puis... à 215 et 371 en 2009.
«Chaque année, leur distribution est de plus en plus nordique,
commente Pierre Blanchette. Maintenant, on en voit jusqu'à
Drummondville.»
C'est, selon lui, ce qui peut expliquer que les gens ont
l'impression qu'il y a beaucoup plus de dindons sauvages. «Le
territoire où ils en voient est plus grand.»
Ce qui est sûr, toutefois, c'est que leur visibilité est
toujours plus élevée en hiver puisque les bêtes sortent des
régions plus boisées pour aller s'alimenter dans les champs.
En 2007, le recensement de dindons sauvages de la Fédération des
chasseurs et pêcheurs du Québec comptait 4450 bêtes.
Marie-Eve Lambert (Retour à
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