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Dix jours après l'attaque, Nola Mercier se remet de ses blessures, mais elle se ressent encore du choc nerveux.

 

Actualité!

2010-02-04
Le Soleil

Un grand-duc s'attaque aux campeurs

Nola Mercier, de Gaspé, garde les traces de huit plaies et d'une égratignure sur son dos et ses épaules. Les coupables : les serres d'un grand-duc. La skieuse a été attaquée il y a 10 jours dans le parc de la Gaspésie, un sort partagé par deux autres femmes cette semaine-là.

Vers 21h le 23 janvier, après une journée de ski de fond, Mme Mercier s'apprête à se mettre au lit dans un des refuges du camping du Mont-Albert. Elle se dirige vers le bloc sanitaire «pour un dernier pipi-dodo», vêtue d'un pyjama et chaussée de Crocs. C'est alors qu'elle sent des griffes se planter dans son dos.

«Sur le coup, j'ai pensé que c'était un lynx, dit Mme Mercier. Puis, j'ai senti qu'il battait des ailes et qu'il s'agrippait à mon dos. Je suis tombée dans la neige, je me suis roulée, et j'ai réussi à le décrocher.»

Le grand-duc essaie ensuite de s'accrocher à sa tête. Mme Mercier parvient à le saisir et à l'immobiliser au sol. «J'étais à genoux, et je le tenais par le ventre, dit-elle. Je l'ai lancé le plus fort que j'ai pu. Je ne voulais pas le tuer, mais je voulais lui dire : "Va-t'en!"»

Mme Mercier est rentrée en pleurs au refuge, où des amis médecins ont désinfecté ses plaies. Elle a reçu un vaccin antitétanos par la suite. Le Soleil a pu voir les blessures subies.

Au même endroit

Cette semaine-là, le hibou (probablement le même) a flanqué la frousse à deux autres personnes au même endroit, rapporte Claude Isabelle, responsable de la conservation et de l'éducation au parc de la Gaspésie. Quelques jours auparavant, une femme avait été attaquée à deux reprises le même soir. Le lendemain de l'aventure de Mme Mercier, il s'en est pris à une troisième campeuse.

«Nous, au parc de la Gaspésie, c'est la première fois qu'on est témoins de ça, affirme M. Isabelle. Mais ailleurs, sans être fréquent, ça arrive à l'occasion.»

L'an dernier, un grand-duc avait attaqué deux randonneurs à L'Anse-à-Beaufils, près de Percé. Au nord de La Tuque, en 2005, un jeune homme avait été blessé sérieusement à l'oeil.

Le parc de la Gaspésie a affiché des avis et demandé à son personnel d'informer les campeurs de la présence du grand-duc. On leur suggère d'aller se soulager au bâtiment sanitaire avant la tombée de la nuit, dit M. Isabelle. «S'ils doivent s'y rendre après, on leur conseille d'y aller en groupe, d'avoir de la lumière et un sifflet avec eux. Ils peuvent aussi tenir un objet au-dessus de leur tête, comme un balai, une pelle ou un bâton de ski, sur lequel l'oiseau peut fondre.»

Selon M. Isabelle, le grand-duc pourrait avoir voulu protéger son territoire. «Les couples nicheurs commencent à pondre leurs oeufs fin janvier, début février, explique-t-il. Quand des intrus s'aventurent dans leur territoire, ils tentent de les chasser.»

Collaboration spéciale Geneviève Gélinas

(Retour à Actualité 2010)

 

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