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Actualité!
2010-04-06
Samuel, l’homme qui parle aux oiseaux
Ornithologue de profession, Samuel Denault imite
à la perfection le roucoulement de nombreuses bêtes plumées : au
travail, comme dans les partys.
Selon lui, il a une langue et une luette parfaites pour les
simulacres de cris d’oiseaux…
Depuis combien de temps imites-tu des oiseaux?
Le premier que j’ai imité est le Petit-duc maculé. C’était en
1995.
Pourquoi fais-tu ça?
Mes imitations d'oiseaux sont avant tout ludiques. Je m’en sers
pendant mes promenades pour voir plus d’oiseaux. Mes cris les
attirent. Ça n’a rien de scientifique.
Comment réussis-tu à les imiter?
Je n’imite pas toutes les espèces : j’imite surtout les hiboux.
J’ai une bonne bouche et une bonne luette pour y arriver.
Parfois, c’est juste une question de pivots de langue et le tour
est joué.
Dans le fond… tu siffles?
Je siffle dans la plupart des cas, mais il m’arrive aussi de
devoir ajouter des petits cris. Pour ça, j’ai besoin d’utiliser
ma langue et mon palais. Pour imiter la Chouette rayée, par
exemple, il faut que le son vienne de la poitrine. C’est un son
qui ressemble à l’humain, c’est plus profond.
Donc, il y a plusieurs types de cris?
Oui. Au Québec, le Moqueur polyglotte, par exemple, imite
d’autres espèces d’oiseaux, mais aussi des systèmes d’alarme et
des réveille-matin. L’Oiseau-lyre en Australie est connu pour
ces imitations spectaculaires de scie mécanique et d’appareil
photo. Sinon, l’Effraie des clochers, une chouette extrêmement
rare au Québec, pousse un cri qui ressemble à celui d’une
personne en train de mourir.
À quoi ça leur sert, de crier?
Pour les mâles, ça sert à délimiter leur territoire entre eux.
Pour les femelles, les cris servent à identifier un mâle
dominant, avec de bons gènes, qui sera capable de bien défendre
son territoire. Une fois que le choix est fait, on assiste
souvent à une séance de copulation.
Quel cri d’oiseaux est le plus étrange?
Celui du Lagopède des saules fait penser à une voix humaine qui
marmonne.
Séduisant?
Quand j’imite le Petit-duc maculé, paraît que ça plaît aux
filles…
Plus difficile à reproduire?
La Grive solitaire. C’est un très beau chant, mais extrêmement
complexe
à imiter. Même André-Philippe Gagnon en serait incapable.
Le plus aigu?
Au Québec, la Paruline tigrée chante tellement aigu que
certaines oreilles humaines ont de la difficulté à l’entendre.
Le plus grave?
Le tambourinement de la Gélinotte huppée qui est en fait le
bruit produit par le battement de ses ailes sur le sol. Presque
des infra-sons…
Et, en terminant, le plus Agressant?
On aura beau dire ce qu’on voudra, mais un coq, ça gosse!
Par Joëlle Perron-Oddo
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